Mon échange avec le chercheur Andrés Gómez Emilson
By Nuit
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Un échange plein de vie
Des informations riches et variées
Mot de la fin
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Last updated January 25th, 2026
By Nuit
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J’ai eu la chance d’échanger avec un chercheur aux idées novatrices qui n’hésite pas à partager son point de vue et ses travaux dans ce domaine assez controversé de la recherche psychédélique, mais qui est donc Andrés Gómez Emilson ?
Andrés, c’est le chercheur que tu rencontres quand tu commences à vouloir mettre des mots précis sur des états d’expérience qui tiennent plutôt du mystère. Il a une formation pointue, Master en psychologie orientée vers les modèles computationnels de Stanford, et un background technique en théorie des graphes, statistiques et science affective. Il est l’un des piliers du Qualia Research Institute, où il dirige et publie des travaux qui cherchent à formaliser la conscience et la valence.
Ce qui me frappe chez lui, ce n’est pas seulement la technicité. C’est l’attitude, une combinaison rare d’exigence scientifique et d’ouverture aux récits d’expérience. Sur son blog Qualia Computing il balance des notes très techniques, parfois abruptes, souvent denses, et en même temps il prend en compte les témoignages, les phénomènes vécus, les remarques que les praticiens lui envoient. Il y a chez lui une volonté de relier l’Orient et l’Occident, les mots du zen, du samadhi, du jhana d’un côté, et de l’autre, des algorithmes, des présentations mathématiques et des hypothèses très intéressantes. Il a aussi une chaîne YouTube super que je vous invite à consulter.
Pour situer vite, il publie régulièrement sur Qualia Computing des textes qui vont de protocoles pratiques, par exemple son plaidoyer pour explorer l’usage de la DMT contre lescluster headaches (algie vasculaire de la face / la maladie du suicide), à des essais théoriques, des théories sur la valence,des analyses comme celle de la mort de l’ego sous LSD. Il ne vend pas une recette miracle, mais il propose des cadres pour penser et tester ces phénomènes.
Après l’avoir découvert sur une vidéo où il parle d’utiliser le Candy Flip pour atteindre un état d’extase dans l’unicité, j’ai adoré le fait qu’il parle de rajouter du 2C-B au Candy Flip car c’est le mélange duAli Flip dont je vous parle si souvent, ça fait maintenant plus de 2 ans que je le suis et que je lis ses posts, et j’ai fini par vouloir lui poser des questions qui mêlaient mes pratiques à ses modèles. Ce que je rends ici n’est pas un portrait académique figé, c’est la trace d’un échange, parfois technique, souvent sincère, entre deux approches qui, pour moi, se complètent en plus de parler un peu de certains points de ses travaux qui m’ont beaucoup plu, je ne ferai que les effleurer car il me faudrait des centaines de pages pour parler de tout ce qu’il fait.
Un échange plein de vie
On était en appel en vidéo, et tout de suite ça a collé, on a vraiment bien connecté, on a beaucoup rigolé, et j’ai tout de suite senti qu’il gardait son naturel, son entrain. Ce que j’ai aimé chez lui dès le départ, c’est cette manière d’être à la fois détendu et profondément attentif, comme si chaque remarque pouvait valoir une note utile. On parlait de trucs sérieux, mais ça restait léger, il y avait beaucoup de rires, des petits échanges qui détendaient la conversation, et ça rendait l’échange humain, concret.
À un moment donné, je lui racontais des expériences que j’avais eues sur des molécules peu documentées, des trucs du genre 2C-C, 25C-NBOMe, 2C-E, des choses où les retours sont rares et souvent dispersés. Il m’écoutait, puis il a sorti un petit carnet, et il a commencé à noter, et question par question il a pu garder des traces de tout ce qui attisait sa curiosité.
Pour moi, ce geste résume tout : humilité, curiosité, et méthode. Ce n’était pas de la posture, c’était de la volonté de rameuter des données, de capter des détails qui servent plus tard. Voir un chercheur prendre des notes sur des témoignages de terrain, ça m’a fait comprendre qu’il ne se contente pas de théoriser dans son coin, il veut construire des ponts avec l’expérience vécue.
On a beaucoup blagué aussi sur mes anecdotes les plus foireuses, et il riait, mais sans jamais minimiser. Il demandait des précisions, il cherchait à comprendre les paramètres, le contexte, l’état d’esprit que j’avais. Ce mélange de sérieux et de décontraction donnait l’impression d’être face à quelqu’un qui prend le vivant au sérieux, sans se la jouer savant. À la fin d’un passage, il posait une question pertinente, puis il reportait la réponse dans son carnet, et je me disais que ces petites notes allaient probablement finir par nourrir ses réflexions, ou au moins lui permettre de recouper des patterns.
Puis je lui ai parlé de mon plan un peu fou pour les arts martiaux, mon idée de vouloir devenir imbattable en combinant mouvements intuitifs, psychédéliques, reprogrammation mentale, subliminaux et des protocoles comme la thérapie de la chambre noire, aussi appelée retraite d’obscurité. Je m’attendais à un haussement d’épaules, ou à un commentaire sceptique, et au lieu de ça il m’a donné des pistes concrètes. Il n’a pas dit « fais ça et ça », il a expliqué des mécanismes, il a parlé en termes de prédiction, de modulation attentionnelle, et d’états de transe qui changent la façon dont le cerveau priorise les signaux. Sa réponse était scientifique sans être froide, et ça m’a plu.
On a pu parler de la transcendance comme un problème de dynamique, il m’a exposé deux voies possibles, deux architectures d’état mental qui mèneraient à un même ressenti transcendantal. La première, c’est la focalisation extrême sur un point, une immobilité de l’attention qui désamorce la multiplicité des inputs, et produit une dissociation des couches identitaires. La seconde, c’est l’alignement avec une fréquence, complètement ne faire qu’un avec, sans ne même plus savoir où l’on est.
J’ai trouvé génial qu’il puisse reformuler mes intuitions en concepts opérationnels, qu’il sache traduire mes images spirituelles en hypothèses testables. Plutôt que de me traiter de rêveur, il a cherché à comprendre les variables, à pointer les obstacles, et à proposer des idées pour comprendre ce qui, à mes yeux, tient du mystère. C’est ce mélange qui m’a marqué : il ne m’a pas seulement compris, il m’a enrichi avec des angles scientifiques auxquels je n’avais pas pensé.
La conversation a donc oscillé entre anecdotes personnelles et modèles explicatifs, entre rires et petites notes manuscrites. À la fin, j’ai eu l’impression d’avoir partagé quelque chose de rare, un moment où la pratique et la théorie se parlent sans se juger. Il y a eu des idées nouvelles, des clarifications, et surtout, cette impression que continuer ces échanges pourrait vraiment faire avancer mes protocoles pratiques et ses modèles théoriques, chacun nourrissant l’autre.
Des informations riches et variées
Ali Flip / variante optimisée du candy flip
On a commencé par du concret, le type de conversation que j’aime : pas de grands discours, juste des protocoles, des impressions vécues, et des hypothèses testables. L’Ali Flip, comme je l’appelle, c’est l’idée de pousser le candy flip plus loin en jouant sur la complémentarité des molécules, par exemple LSD + MDMA + quelque chose comme le 2C-B pour « lier » l’expérience sensorielle. Dans son billet sur le candy flipping optimisé il explique précisément ce triplet d’axes : un énergisant , un boosteur d’interconnectivité, et un agent relaxant, et comment combiner ces rôles peut théoriquement catalyser un état de ++++ sur l’échelle de Shulgin (un état de plus haute extase non-duelle, la transcendance ultime).
Ce qui m’a marqué dans notre échange, c’est qu’il explique d’une manière scientifique des choses que l’on retrouve souvent plus dans des trips reports que dans des études scientifiques, il décortique les dynamiques : la MDMA augmente la réceptivité émotionnelle, le LSD modifie la structure temporelle et la perception des objets mentaux, et le 2C-B joue parfois le rôle de liant sensoriel. Il m’a parlé d’exemples de rapports de trip où de faibles doses combinées, intelligemment synchronisées, permettent d’approcher la mort de l’ego sans passer par des montagnes russes dure et choquante qu’une forte dose de LSD pris seul par exemple peut faire vivre. L’idée, c’est d’optimiser la géométrie de l’expérience, pas d’empiler des doses. Dans sa logique, la finesse du timing, le Set et le Setting comptent autant que les substances.
MDMA et authenticité, la molécule qui défait les nœuds
On a ensuite creusé la MDMA et les autres empathogènes, on a aussi discuté du 6-APB et 5-MAPB parce que l’usage des empathogènes est central dans beaucoup de combos. Dans son texte sur la phénoménologie de la MDMA il décrit comment la molécule dénoue des schémas et traumatismes émotionnels qui empêchent la parole vraie, l’ouverture relationnelle, la vraie authenticité, je m’en étais d’ailleurs inspiré pour mon article sur les empathogènes et l’honnêteté .La MDMA rend possible une parole immédiate, sans filtres, et permet parfois des corrections relationnelles qui tiennent sur la durée si elles sont suivies d’un travail d’intégration.
Son angle m’a plu parce qu’il ne mystifie pas la chose, il propose une mécanique neuropsychologique, et il parle surtout d’intégration. L’authenticité ne se contente pas d’exister pendant la session, il faut consolider la transformation pour qu’elle change les habitudes.
Mort de l’ego sous LSD, seuils et phase transitions
On a abordé la question que je cherche souvent à provoquer, la mort de l’ego, et il m’a donné un cadre surprenant de clarté. Dans son article sur l’ego-deathil parle de transitions de phase liées à la dose, en expliquant que la nature qualitative de l’expérience change de façon significative quand on dépasse certains paliers, et il suggère que la perception de temps et la stabilité des représentations se réarrangent de façon mesurable. Il donne des repères de dose : des signes de dissolution commencent souvent vers 150μg selon les profils, et autour de 250–300μg on entre dans des états où la perte d’ego devient probable, dans de bonnes conditions.
Ce qui m’a intéressé, et que j’ai retenu de notre échange, c’est sa volonté d’éviter l’excès brutal. Il explore des combinaisons qui permettent d’atteindre des expériences transcendantales sans obligatoirement exploser en termes de dosage, en jouant sur la synergie et les arcs d’effet, afin de réduire la part de « traversée traumatique » que certains gros trips impliquent. Pour moi, qui cherche la mort de l’ego avec comme idée d’optimiser la trajectoire plutôt que de devoir prendre des dosages risqués, c’est précieux.
Pour vous donner une idée je vous laisse ici un graphique qu’il a utilisé dans son article sur le Candy Flip amélioré :
La théorie de la valence
La théorie de la valence, telle qu’exposée chez QRI, propose une lecture structurelle de ce qui rend une expérience plaisante ou déplaisante, en liant la valence à des propriétés de symétrie de l’état conscient. Dans son articleon comprend aussi comment certaines méditations visent à augmenter la valence par la pratique de respiration rythmées et de cohérence attentionnelle, ce qu’ils appellent des protocoles de méditation de haute valence.
Si on regarde le schéma avec les emojis dans son article qui explique la théorie de la Valence, il montre grosso modo deux axes : verticalement l’arousal qui correspond au niveau d’excitation ou d’activation physiologique, et horizontalement la valence qui pointe la dimension plaisante ou déplaisante d’un état. Dans le coin en haut à droite, on trouve excitation et anticipation, avec une valence positive et un arousal élevé, ce qui correspond à ces états d’énergie euphorique rapide. En bas à gauche, on a la dépression et la mélancolie, avec une valence négative et un arousal faible, donc quelque chose de beaucoup plus lourd et languissant.
Ce que j’en retiens et que j’utilise dans ma pratique, c’est l’idée que la valence peut devenir un critère pour ajuster une méditation ou même un protocole psychédélique. Par exemple, si je cherche à explorer une extase ou un état très expansif, je vais plutôt viser une valence forte et un arousal fort, ce qui implique soit des respirations plus rythmées, soit des postures qui ouvrent le corps ou des molécules qui ont tendance à activer la sphère sensorielle.
À l’inverse, si mon objectif est une tranquillité profonde, une présence presque silencieuse, une sérénité profonde, je vais plutôt chercher une valence positive mais avec un arousal faible, ce qui va m’amener vers une position allongé qui accompagne une méditation lente, la respiration posée, la concentration sur un point calme, ou même certains types de psychédéliques plus sédatifs. En ce moment c’est ce vers quoi je me tourne car si l’expérience tourne au vinaigre je me sens plus à l’aise de faire face à la tristesse qu’à la colère.
Finalement, la valence explique pourquoi certaines expériences paraissent immenses et transformatrices, alors que d’autres, tout en étant positives, restent plus subtiles. Cette grille m’aide énormément à comprendre pourquoi deux sessions sous LSD ne produisent pas du tout les mêmes effets émotionnels, même avec un dosage identique. La structure émotionnelle ne dépend pas uniquement de la molécule, mais de la manière dont elle module la valence et l’excitation dans un état donné.
Penser l’expérience psychédélique en termes de valence permet d’éviter certaines confusions, notamment celle qui consiste à croire qu’un trip intense est forcément supérieur à un trip calme. Parfois, un état modéré, avec une valence stable et une activation moyenne, peut être beaucoup plus fertile pour des insights vraiment profonds. C’est d’ailleurs quelque chose qui rejoint mes expériences personnelles, où certains moments apparemment tranquilles ont changé radicalement ma manière de percevoir la conscience.
DMT et cluster headaches, urgence morale et pragmatique
Sur un ton plus engagé, on a longuement parlé de la DMT et de son potentiel pour soulager les cluster headaches, cette maladie d’une violence insoutenable que certains appellent la maladie du suicide. Dans sa vidéo récente il argumente que la DMT mérite une attention scientifique urgente, non pas comme une fantaisie, mais comme une intervention potentiellement très efficace pour réduire des niveaux extrêmes de souffrance. Il propose de documenter les témoignages, de collecter des données, et d’explorer des protocoles sécurisés pour les patients.
Pendant l’échange j’ai aussi suggéré d’aborder la 5-MeO-DALT parce que pour certains patients l’accès à des substances plus « dans le flou juridique » est plus réaliste que la DMT pure illégale. Il a pris la question au sérieux et l’a notée, en discutant des différences pharmacologiques et de la nécessité d’une documentation rigoureuse avant d’envisager des recommandations pratiques. Sa position est claire : prioriser la réduction de la souffrance, mais faire cela avec prudence scientifique, collecte de données, et respect des enjeux légaux et éthiques.
Ce que tout ça signifie pour nous, praticiens et curieux
Pour nous, psychonautes curieux, le message est simple et utile : la science n’est pas forcément distante de l’expérience incarnée. On a trop souvent l’impression que les publications restent abstraites, tandis que les trip reports fournissent la matière vivante. Andrés Gómez Emilson montre qu’il est possible de prendre des modèles théoriques et de les traduire en repères pratiques pour le voyageur de l’esprit.
Concrètement, cela invite à penser la séance comme une géométrie à optimiser plutôt que comme l’addition d’effets : synchroniser les arcs d’action des molécules, soigner le set et le setting, et privilégier la finesse du timing plutôt que l’accumulation de doses. Ce positionnement rend la pratique plus sûre et plus fertile. La théorie de la valence, et la cartographie des états conscients deviennent des outils d’ajustement, utiles pour choisir entre une expérience expansive ou une présence tranquille.
La MDMA, par exemple, n’est pas seulement une molécule de plaisir, c’est un levier de réceptivité émotionnelle qui, si elle est intégrée, peut produire des changements relationnels durables. Mais l’argument central reste l’intégration : sans accompagnement ou sans consolidation/intégration, les bénéfices restent éphémères. Pour le praticien, travailler avec la science revient à documenter, tester des hypothèses, et transmettre des protocoles évolutifs à partir des retours réels.
En somme, pour qui cherche à explorer sérieusement, la science et les récits peuvent se compléter : l’une apporte cadre et hypothèses, l’autre, expériences incarnées. Il y a une urgence morale : documenter les usages compassionnellement, notamment quand des molécules comme la DMT apparaissent comme pistes thérapeutiques pour des souffrances extrêmes. À la fois pragmatiques et modestes, nous devons chercher la réduction de la souffrance, publier des données, et travailler avec des cliniciens pour rendre ces approches responsables et réplicables.
Mot de la fin
Ce qui m’a le plus plu chez Andrés GómezEmilson, c’est sa capacité à prendre des concepts ancestraux comme le nirvana ou le samadhi et à en faire des outils d’observation concrets. Il n’en reste pas aux métaphores : ils cherche à définir des marqueurs perceptifs, des indices de qualité d’expérience, et des protocoles d’entraînement attentionnel qui peuvent être testés et ajustés.
Cette approche démystifie les états de transcendance sans les réduire, elle les rend praticables. Ils relient des pratiques de respiration, des postures corporelles, et des micro-interventions comportementales à des effets observables pendant une session, ce qui permet d’adapter la méditation au contexte pharmacologique. J’ai apprécié cette traduction pragmatique : parler de samadhi sans le traiter comme un absolu inaccessible, mais comme une direction à viser à travers des gestes simples et mesurables.
Dans ce cadre, les combinaisons de substances deviennent une cuisine de précision. Plutôt que de chercher une seule molécule parfaite, on compose des plats d’effets complémentaires : un élément qui éveille, un autre qui relie, un troisième qui stabilise. C’est une analogie culinaire qui met l’accent sur la proportion, le timing, et la qualité des ingrédients plutôt que sur la quantité brute.
C’était pour moi un réel plaisir d’échanger avec Andrés, dans ce monde où les psychédéliques deviennent mainstream et qu’on nous sert souvent la même soupe dans les contenus qu’on peut trouver en ligne qui se ressemblent de plus en plus, trouver quelque chose d’aussi pointu et qui sort de l’ordinaire, et j’invite tous les courageux qui sont prêt à prendre le temps d’apprendre le vocabulaire complexe qu’il utilise ( je vous jure que ce n’est pas du charabia, ça m’a fallu du temps pour pouvoir jongler avec ses informations dures à assimiler ) à se plonger dans ses travaux car une fois qu’on les comprend c’est vraiment incroyablement riche.
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