La question va surtout se poser de la manière suivante : êtes vous dans de bonnes dispositions mentales actuellement dans votre vie pour tripper à haute dose voire tripper tout court ? Pour savoir si vous êtes bien prêt, il y a plusieurs signes. Le plus important selon moi est le niveau de fatigue, car même si vous êtes mal dans votre vie et décidez de tripper à une dose de 200 µg de LSD ou 7 mg/kg de DXM par exemple, certes vous avez de grandes chances de faire un bad mais si vous avez un bon bagage d’expérience derrière vous et que vous savez lâcher prise, vous allez pouvoir à peu près contrôler le trip.
En revanche si vous êtes fatigué, vous avez beau avoir toute l’expérience du monde, vous risquez grandement de subir le trip sans avoir la concentration nécessaire pour lâcher prise. Pour des doses qui ne sont pas trop importantes comme 75 µg de LSD, 1,5 grammes de cubensis, 15 mg oral de 2C-B (HCl), 0,5-0,6 mg/kg de MXP (HCl), il est possible de tripper avec un peu de fatigue. Par exemple si vous avez dormi 6-7h au lieu de 8-9h. Néanmoins pour des doses plus importantes ça va devenir vraiment problématique. Par exemple, un trip de 150 µg de L ou plus requiert d’être au top de sa forme de par sa richesse en émotions, sa longue durée et les abondantes remises en questions qu’il est susceptible de provoquer.
On serait tenté de se dire que c’est différent pour les empathogènes comme MDMA, MDA, 6-APB, 5-MAPB, car ils donnent de l’énergie mais eux aussi peuvent diablement remuer les émotions et notamment faire ressortir du matériel traumatique. De plus, le sentiment de descente sera bien aggravé si vous consommez des empatho en étant fatigué. Gardez en tête que même pour les petites doses il est toujours préférable d’être dans des conditions d’énergie optimales.
Le 2e point auquel il faut prendre garde pour le dosage à choisir c’est l’état mental dans lequel vous êtes. Imaginons que vous ayez deja de l’experience avec les substances, que vous soyez en dépression, si le trip est fait dans des bonnes conditions de set and setting avec préparation mentale suffisante, puis par la suite une bonne intégration accompagnée de preference par un therapeute compétent, l’experience pourrait vous aider à améliorer votre quotidien. Mais dans un tel contexte, ne dépassez pas 100 µg de L, 10 mg de 2C-E, 20-25 mg oral de 2C-B (HCl), 35 mg de DMXE, car ça peut être à double tranchant. Si votre mauvais etat mental vient d’un événement choquant (rupture, décès d’un proche, viol…) je pense qu’il est préférable d’attendre quelques semaines voir mois avant de tripper et de privilegier la consommation d’un produit qui n’est pas trop profond (ex : 2C-B, 2C-B-FLY, 5-MeO-MiPT, etc) en ne depassant pas une dose moyenne.
Faites aussi attention à choisir un dosage adapté à la période de vie que vous êtes en train de vivre. Évitez les gros trips dans des moments charnières comme juste après un déménagement, un changement d’emploi, d’établissement scolaire, une rentrée scolaire, etc. L’âge est également une composante importante. J’ai personnellement commencé à 16 ans avec des doses raisonnables. Actuellement j’ai 18 ans et même si je commence à avoir pas mal d’experience je ne me vois pas faire une mort de l’ego totale. Le youtuber anglophone “Vivec” a fait une vidéo sur le sujet en disant que si vous avez 17-18 ans et que vous réussissez à maîtriser des doses comme 250-300 µg, vous pouvez être tenté de pousser encore plus loin les doses vers 400 µg de LSD.
Mais à ces dosages, vous allez quasiment a coup sûr faire une mort de l’ego et pour faire une analogie, passer de 200 µg à 300 µg serait un peu comme passer d’un immeuble de 15 mètres de haut a un immeuble de 35 mètres de haut, mais passer de 300 à 400 ça serait plutôt passer de 35 mètres à 180 mètres. Parce que quand on a brisé l’ultime chaîne qui nous retiens de lâcher prise à 100%, la puissance du trip n’a plus aucune limite. Quand on a moins de 20-25 ans c’est trop extrême à vivre selon moi. Même un adulte stable et confirmé qui a fini entièrement son développement cérébral et identitaire aurait énormément de mal à vivre l’expérience ainsi qu’à l’intégrer. Le grand minimum pour ce genre d’experience c’est d’avoir 20-21 ans.
Globalement quand vous êtes jeune faites attention aux expériences puissantes, personnellement je suis déjà monté sans trop de difficulté à 250 µg à 17 ans mais ça peut déjà secouer très fort la carapace identitaire et à un âge où on se cherche encore ça peut avoir de mauvaises répercussions. C’est valable également pour les “Hole” qui sont en quelque sorte une mort de l’ego mais avec les dissociatifs comme la DCK, la kétamine, la DMXE, etc. Avec la DMXE, le Hole se situe vers 1,4 mg/kg en oral, pour la DCK c’est autour de 0,85 mg/kg et pour la kétamine c’est autour des 2,4 mg/kg.
Enfin posez vous aussi la question suivante : suis je prêt à sacrifier un bon état mental dans lequel je suis ? Les trips à des doses supérieures à 150 µg sont prompts à de grosses remises en question ainsi qu’à l’excavation d’émotions enfouies. Ainsi si vous êtes bien dans votre vie, que vous avez trouvé une forme d’équilibre, ça peut venir bouleverser ça, donc demandez vous bien si le jeu en vaut la chandelle. Demandez vous ce que vous attendez vraiment de votre expérience. Est ce que vous cherchez plutôt à vous amuser, ou plutôt à transcender les concepts (si oui pourquoi ?), est ce que vous voulez vous introspecter, comprendre les traumatismes et leurs conséquences exactes sur votre vie.
D’après mon expérience, les doses adaptées à l’introspection / remise en question avec dialogue interne et déblocages de problèmes philosophiques se situent dans des fourchettes de 75-120 ug de L, 15-25 mg oral de 2C-B, 15-25 mg oral de 4-HO-MET par exemple. Et côté dissociatifs ca serait des fourchettes du genre 0,75-1,3 mg/kg de kétamine, 0,3-0,5 mg/kg de DCK oral et 0,7-1,2 mg/kg oral de 2F-DCK. Au delà de ces doses, le but sera plutôt de plonger le plus profondément possible dans la dissolution de l’ego. Pour les trips en extérieur, par exemple dans la forêt, ne dépassez pas les 150 µg de L ou une équivalente avec un autre psychédélique, et veillez à avoir quelqu’un de sobre ou à ne pas aller trop loin de chez vous car on peut vite se perdre, notamment dans la forêt.
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