La première fois que j’ai découvert le protoxyde d’azote, c’était lors d’un week-end d’intégration. J’étais déjà un peu familier avec le DXM et je prenais une dose moyenne que je pouvais gérer sans trop de problèmes. L’ambiance était assez détendue et, comme souvent dans ce genre de rassemblement, il y avait toujours des petites opportunités de tester des substances. À un moment, j’ai vu des gens vendre du protoxyde d’azote pour un euro le ballon. Je me suis dit que j’allais essayer, un peu par curiosité.
Au début, je n’avais absolument pas compris comment l’utiliser. Je pensais que c’était comme inhaler de la fumée : aspirer et souffler, un geste simple et intuitif. Ce n’est qu’après qu’on m’a expliqué qu’il fallait souffler dans le ballon avant d’aspirer. Une fois que j’ai compris le fonctionnement, j’ai pris la moitié du ballon, et là, l’effet a été immédiatement amplifié par le DXM que j’avais déjà dans le corps. L’expérience est devenue très intense, une vraie dissociation, presque totale. Comme le DXM agit lui-même sur les récepteurs NMDA, le mélange a créé un effet extrêmement marqué de dilatation temporelle. Le temps semblait s’étirer, chaque seconde prenant une ampleur disproportionnée, et tout le monde autour paraissait à la fois proche et lointain, comme si je percevais plusieurs couches de réalité à la fois.
Après cette première expérience, j’ai testé le protoxyde d’azote seul, sobre. Là, l’effet était intéressant, mais beaucoup plus léger et éphémère. Il gardait ce caractère dissociatif et aérien, mais sans la profondeur physique que le DXM avait apportée. On avait toujours cette impression que le monde pouvait se détacher un instant, mais le choc intense n’était pas là. C’était un effet plus doux, presque fragile, et j’ai compris que l’intensité dépendait beaucoup de l’état dans lequel on se trouve avant de respirer le gaz.
Une expérience qui m’a particulièrement marqué s’est produite sous 2C‑B‑Fly. J’étais avec deux amis et j’ai choisi de les laisser tester en premier pour rester sobre et observer les effets. Contre toute attente, au lieu de durer la minute ou deux habituelles, l’effet s’est étendu sur cinq bonnes minutes, et surtout il a amplifié énormément le psychédélique du 2C‑B‑Fly. L’intensité corporelle était décuplée, les sensations tactiles et les vibrations dans les mains et les pieds se sont amplifiées, et la perception du corps s’est transformée. Quand j’ai pris à mon tour le ballon après eux, la potentialisation était vraiment impressionnante. L’effet m’a rappelé un dissociatif que j’adore, l’ephenidine, très physique et profond. On se sent presque détaché du corps, anesthésié par certaines sensations, avec des fourmis et des vibrations qui parcourent tout le corps. C’est ce côté corporel qui rend le protoxyde si particulier par rapport à d’autres substances courtes et légères.
L’ambivalence de cette molécule est assez fascinante. L’effet arrive très vite, atteint son pic quasi instantanément et repart tout aussi vite. Cette rapidité est à la fois fascinante et déstabilisante. On peut rire, se sentir euphorique ou complètement immobile. Mais ce retour brutal a un impact sur la suite de la soirée ou de l’expérience. J’ai remarqué que, une fois l’effet dissipé, il y a comme une coupure dans le mood. Si la personne est dans un bon état, ça peut tempérer l’euphorie et recentrer. Si elle est dans un mauvais état, ce détachement peut diminuer l’entrain pour le reste et rendre l’expérience un peu froide, distante, moins connectée avec l’environnement ou les autres.
Cette caractéristique m’a fait réfléchir sur la manière d’utiliser le protoxyde d’azote. C’est une molécule puissante mais courte, qui peut être un amplificateur ou un révélateur, mais qu’il faut traiter avec prudence. Dans mon expérience, il est souvent plus intéressant de la placer à la fin d’une session ou comme un complément à d’autres substances, plutôt que de la répéter dans un contexte où elle risque de couper le flux de la soirée ou de l’expérience. Son impact est direct et immédiat, mais son influence sur la dynamique corporelle et mentale mérite respect et observation.
En résumé, le protoxyde d’azote reste une substance qui marque par sa dissociation rapide, la puissance de ses sensations corporelles et la distorsion temporelle. Son effet est modulé par l’état de départ, les substances associées et le contexte. Pour moi, c’est une expérience qui peut être très intense, parfois euphorique, parfois introspective, mais toujours transitoire et ambivalente. Il est clair qu’il faut approcher cette molécule avec conscience et curiosité, tout en respectant ses limites et celles du corps.
share your toughts
Join the Conversation.